Baguio philippines 2

Londres a ses autobus rouges à deux étages, New York ses taxis jaunes et les Philippines ses Jeepneys. Après la Deuxième Guerre mondiale, les Américains ont laissé derrière eux des centaines de jeeps beaucoup trop dispendieux à rapatrier. Les Philippins les ont allongés comme des limousines, y ont soudé un toit, posé deux longs bancs en bois et les ont décorés à la canette de couleurs vives et de symboles religieux. Le jeepney était né. Pouvant entasser jusqu’à une vingtaine de passagers bien écrasés les uns sur les autres, plus quelques un sur le toit, c’est le moyen de transport public le moins cher et le plus cool en ville.

jeepney philippines

Si vous ne voulez pas attendre le jeepney et qu’un taxi coûte trop cher, il y a les tricycles, un autre moyen de transport home made. On prend une moto, la moins chère possible, on y soude du mieux qu’on peut sur le côté une voiturette avec deux bancs face à face et un toit, et on est prêt à prendre des passagers en espérant que ça tienne.

tricycle philippines

Dans les deux cas, on oublie les ceintures de sécurité (à vrai dire la sécurité en général), on se tient du mieux qu’on peut, en espérant que les graffitis de Jésus sur le hood vont nous porter bonheur. On oublie aussi le respect des règles internationales d’émission de gaz. Les grosses poffes de boucane bleue qui sortent des tuyaux d’échappement en sont la preuve. La ville de Baguio en est couverte d’un épais brouillard étouffant. Tout un contraste avec la raison de notre présence ici, un festival de fleurs!

Baguio était, à une certaine époque, une retraite en montagne où on venait profiter de l’air frais et de la tranquillité des forêts de pins durant la canicule de l’été. La station touristique est devenue une ville universitaire surpeuplée, mais la beauté des collines et des grands pins est toujours là. 

jeepney baguio philippines

Dans le grand parc Rizal, il y a foule pour le festival. Les adultes comme les enfants louent des vélos et des patins à l’abri du trafic monstre du centre-ville. Les couples d’amoureux naviguent sur le lac en pédalos en forme de cygnes, tout ce qu’il y a de plus kitch. Les vendeurs de kebabs, de barbe à papa et de fleurs font des affaires d’or. Un concours de karaoké résonne à des kilomètres le volume à fond. Du Evanescence c’est franchement mauvais, mais chanté dans un anglais approximatif par un adolescent qui semble avoir choisi ce moment exact pour muer, ça a son charme. Tout le monde a du gros fun. La pluie se met malheureusement de la partie, nous empêchant d’assister au défilé de chariots de fleurs montées.

La pluie nous force aussi à annuler le trek qui devait nous emmener aux grottes près du village de chasseurs de têtes de Kabayan. À l’intérieur, dans de vieux cercueils en bois, se trouvent des momies uniques en position foetale. Le peuple ifugao est le seul à avoir momifié ses morts sans retirer les organes. Les corps enduits d’herbes étaient séchés par des petits feux et de la fumée de tabac soufflés par les orifices pour préserver les organes et éloigner les vers. Le processus pouvait prendre jusqu’à une année. On peut tout de même en voir une au Mountain Province museum et en apprendre plus sur les aborigènes de la région.

momie baguio philippines

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