Banaue à Puerto Princesa Philippines 6

Sept heures du matin, on prend nos souliers détrempés et notre linge (qui n’a toujours pas séché depuis plus d’une semaine), on les enveloppe dans des sacs en plastique et on les met dans nos bagages. Il y a un autobus couchette direct vers Manille, mais on a vu la route au bord des précipices et la technique de conduite suicidaire des chauffeurs de bus philippin, pas question de faire le trajet de nuit. Le plan, un jeepney vers Lagawe, transférer pour un autre vers Solano, et attendre sur l’accotement de l’autoroute espérant qu’un bus vers la capitale s’arrête pour nous. On prévoit un bon 12 heures de route.

La première partie du trajet se fait rapidement. Le jeepney est plein à craquer, on a la chance d’être assis collés, non plutôt assis sous le soulon du village qui prend nos cuisses pour un siège et veut vraiment, mais vraiment faire la conversation même si former une phrase complète semble tout un défi.

Le transfert se fait en moins de deux et on poursuit la route sans l’alcoolo qui nous dit good bye Yankees! Deux heures et demie après notre départ, on nous dépose au croisement de la AH26 direction Manille. On est assez inquiets, la route est déserte. On marche jusqu’à un petit resto où on demande à utiliser les toilettes et on achète des bananes frites. Cinq minutes plus tard, la vendeuse de bananes se met à crier pour nous arrêter un bus, et c’est reparti comme si on avait tout bien planifié.

Dix heures de route plus tard, on croise une enseigne Manille 15km. Finalement, ça s’est bien passé…… Le bus s’arrête brusquement! Il y a un bouchon de circulation monstre, atteindre le centre-ville prendra trois heures et demie, on aurait peut-être dû marcher.

Un dernier effort, on monte dans un taxi qui reste pris lui aussi dans le trafic jusqu’à l’hôtel où on tombe, épuisés, dans notre lit. La chambre est minuscule, un lit c’est tout, mais ça parait propre. La poubelle est vide, rien sous le lit, les draps sentent la lessive, pourtant il y a une drôle d’odeur. On ouvre nos sacs! Les vêtements mouillés semblent avoir macérés avec la chaleur de la soute à bagages. L’odeur est immonde et les souliers qui sentent les petits pieds, même quand ils sont secs, forment un mélange de fragrance infecte indescriptible et la chambre n’a pas de fenêtre! Il faut tout relaver dans la salle de bain commune. On installe une corde à linge dans la chambre et croisons les doigts pour que ça sèche durant la nuit.

chambre Manille 2

chambre Manille

Lendemain matin 8 heures, bien installés au resto de l’hôtel avec un petit déjeuner deux œufs et riz, on est en ligne avec le service à la clientèle d’Air Asia. 45 minutes d’attente. Il faut faire changer nos billets qui sont bizarrement au nom de Jjan Ichel et Eline!! Quand il ne reste que 5 minutes à patienter, le wifi plante. On recommence, il ne reste plus que dix minutes quand un des employés de l’hôtel décide de resetter le modem parce que la connexion n’est pas assez vite à son gout. On s’assoit juste à côté du modem comme deux chiens de garde et on recontacte Air Asia. Le même employé tente de s’approcher encore une fois du modem,  NO, D’ON’T TOUCH IT! eeeeeuh please. Il repart un peu troublé par notre attitude un peu plus brusque que ce qu’on aurait voulu. Finalement, on réussit à faire changer nos billets.

Le linge humide retourne dans nos sacs, un autre taxi, encore du trafic, congestion à la douane de l’aéroport et pour finir, notre vol est retardé de deux heures. À l’intercom, on annonce que l’autre avion d’Air Asia qui devait partir lui aussi pour Puerto Princesa il y a cinq heures est annulé. On s’attend à la même chose pour notre départ, mais finalement, on décolle. Pire vol à vie, des turbulences assez fortes pour nous éjecter de notre siège, on attache notre ceinture le plus serré possible, on enfonce nos ongles dans les accoudoirs et on ferme les yeux jusqu’à l’atterrissage brutal ou plutôt ce qui nous semble être un écrasement contrôlé.

Il y a dix ans, on avait visité Puerto Princesa, mais deux typhons qui devaient se rencontrer à quelques kilomètres plus au nord pour former un SUPER typhon nous avaient fait courir la queue entre les deux jambes jusqu’à l’aéroport. On était resté enfermés dans notre hutte en bambou sur la route de terre qui servait de rue principale, sans jamais pouvoir se rendre à la plage. Sur la rue maintenant pavée, il n’y a plus une hutte en vue, le tourisme de masse est arrivé, les agences de voyages, les ktv, les fast-foods, les immeubles de béton, le bruit, la pollution et le trafic.

Notre chambre est infestée de moustiques, on demande s’il est possible de changer. La réceptionniste prend ce qui ressemble à une pompe à insecticide pour les pelouses derrière le comptoir et la remplie avec un liquide jaunâtre qui provient d’une bouteille avec un gros symbole danger toxique dessus. Elle en asperge sous le lit, dans la salle de bain, sur les bords des fenêtres, dans la poubelle………. Le processus dure près de cinq minutes, les moustiques tombent par dizaines. Finalement, on dort la fenêtre grande ouverte, au diable les maringouins et la malaria, on se cache sous nos draps, on ne veut pas mourir asphyxiés. La nuit va être courte, on a quatre heures de route à faire très tôt demain matin. Toujours pas moyen de faire sécher nos trucs. C’est trippant voyager, mais ce n’est pas toujours de tout repos.

bus port barton

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