El Nido Philippines 8

Notre agréable séjour à Port Barton se prolonge, comme celui de la plupart des voyageurs qui s’y arrêtent. C’est tellement beau! Une journée de plus, une autre et encore une autre fait qu’après quelques jours, le portefeuille commence à être vide et malheureusement, pas de guichet ni de bureau de change dans des huttes en bambou. On dépense le peu de pesos qui nous restent pour réserver les deux dernières places dans l’unique fourgonnette qui fait le trajet vers Puerto Princesa le lendemain matin. Un peu plus et on ne partait pas, plus un sou en poche.

La route longe la mer, encore une fois c’est magnifique. Un  village de pêcheurs par ci par là, quelques plages isolées qu’on aimerait tellement découvrir, mais pour la majorité du trajet, on ne voit que des centaines de palmiers qui défilent à toute vitesse, parce que comme toujours aux Philippines, le chauffeur se prend pour un pilote de course. On stoppe brusquement, les gens assis à l’avant poussent des cris d’effroi. Une moto est renversée sur un homme qui a une jambe à moitié sectionnée et l’autre dans un angle impossible. Une femme tient un enfant, le crâne fracassé dans ses bras. Il y a du sang partout, tellement de sang. Le conducteur peu impressionné évite la scène par un petit détour sur l’accotement et repart de plus belle. Quelques minutes plus tard, il rigole au téléphone en dépassant un camion dans une courbe, la vue complètement obstruée par les palmiers! Dans le van, c’est le silence total jusqu’à Puerto Princesa. Tout le monde semble sous le choc.

Une fois en ville, quelle déception! Des constructions de béton sans charme construites à la va-vite forment un semblant de centre-ville sale et pollué par le trafic chaotique qui fait un vacarme incessant. Impossible de marcher sans se faire klaxonner ou risquer d’être frappé par une moto. Les palmiers qui bordaient l’eau ont tous été coupés pour faire place à des bars et des hôtels. La plage s’est érodée, il ne reste plus qu’une bande de sable d’à peine quelques mètres. Il y a tellement de bateaux ancrés sur la rive pour offrir des tours vers les îles que se baigner est pratiquement impossible. De toute façon, il flotte sur l’eau un résidu huileux et des déchets de toutes sortes. On s’ennuie déjà de Port Barton.

On fait le plein d’argent et on rebrousse chemin. C’est le pire développement touristique que nous ayons vu jusqu’à maintenant. C’est criminel d’avoir tout détruit comme ça! Le guichet automatique est vide, il devrait être rempli d’ici trois jours. On échange notre argent américain de secours, on réserve un hôtel à crédit et on embarque dans une moto-taxi jusqu’à la plage de Las Cabanas. Dix minutes de route puis on nous dépose dans un parking poussiéreux, un écriteau en bois tout croche où il est inscrit BEACH pointe vers un sentier entre les palmiers. Au bout du chemin, on comprend le buzz autour de El Nido. On a rarement vu une eau aussi claire, un sable aussi blanc, pas d’immeubles en vue, pas trop de touristes, il suffit de marcher quelques minutes et on a ce paradis à nous tout seul. Plus question de quitter!

el nido beach (2)

Le soir venu, on rejoint une amie allemande au Caalan GK Restaurant. À une vingtaine de minutes de marche à l’extérieur d’El Nido, loin du bruit et du chaos, le petit village a ouvert un restaurant géré par la communauté. Les profits ont été investis au départ pour ouvrir un hôtel (très basique), créer des emplois pour les habitants et sont maintenant versés dans un fond commun pour envoyer les enfants à l’école. Le coucher de soleil est magnifique, la bouffe est excellente, le personnel ultra sympathique et plus on consomme de bières, plus on fait une bonne action. On a fait amplement notre part! (pour en savoir plus sur la fondation GK, cliquez ici).

el nido sunset
À suivre demain…..

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