Xiamen chine 1

xiamen

Pour obtenir un visa chinois, il faut remplir un questionnaire de plusieurs pages qui va jusqu’à demander la profession de tous les membres de votre famille, fournir un itinéraire détaillé, avoir un billet d’avion aller retour et des réservations pour les hôtels. Le formulaire pas de problème, les hôtels ça s’annule sans difficulté, mais on doit acheter un vol vers Hong Kong à 54 $ (vol qu’on ne prendra jamais) parce que quitter la Chine en bus, ça ne se fait pas selon les fonctionnaires chinois.

On a choisi des hôtels sans trop regarder, puis on les a annulés, sauf pour notre première destination en Chine, Xiamen, on a oublié. À l’aéroport, la douanière a l’air plutôt surprise de nous voir arriver, il n’y a pas beaucoup de touristes étrangers dans cette région. Elle nous parle en chinois quelques minutes même si on ne comprend clairement pas un mot, elle s’énerve un peu, puis tamponne nos passeports. De l’autre côté des douanes, tout est fermé, il est à peine minuit, même les bureaux de change et les guichets automatiques (pas encore!). Les lumières s’éteignent une par une, les escaliers roulants cessent de fonctionner, le concierge commence à nettoyer les planchers et un agent de sécurité nous indique fortement la sortie. On joue aux charades quelques minutes avec lui pour qu’il comprenne enfin qu’on a besoin de retirer de l’argent. Il nous escorte mitraillette au cou, deux étages plus haut, jusqu’à un guichet puis vers un taxi. On lui montre l’adresse de notre hôtel en caractères chinois sur notre téléphone, il nous regarde, perplexe, mais nous fait tout de même signe de monter. Ça fait 45 minutes qu’on roule sous la pluie battante quand on arrive finalement à l’hôtel, c’est vraiment loin.

À la réception, le staff nous dévisage sans dire un mot, vraiment embarrassés, ne sachant pas trop quoi faire avec nous. C’est le check-in le plus laborieux que l’on ait jamais fait. Ils ne savent pas lire les informations de notre passeport ni comment nous poser des questions, on a pourtant une réservation. Derrière nous, un jeune qui sent la bière à plein nez est mort de rire. What the fuck are you doing in Xiamen mate? D’origine chinoise, il a émigré en Australie quand il était tout petit. Aucun touriste ne vient visiter Xiamen, particulièrement pendant la saison des pluies, mais surtout, aucun étranger ne s’installe en banlieue! C’est comme si un Chinois traversait la moitié de la planète pour découvrir Montréal et couchait à Laval. C’était le vol le moins cher pour la Chine, 60 $, tout un deal. Par contre, la chambre perdue dans un quartier résidentiel au milieu de nulle part c’est pas fort, et en plus on a payé pour trois jours.

Le lendemain, il pleut toujours, on se rend tout de même au sanctuaire bouddhiste de Nanputuo en espérant une éclaircie. Pas de chance, on visite sous la pluie. Le complexe de temples et de pagodes est bordé de plusieurs étangs peuplés de carpes où flottent de jolies fleurs de lotus et il est relié par des petits ponts de pierre et de beaux jardins. Derrière, on peut gravir le mont Wulaofeng à l’abri de la pluie sous le feuillage des arbres et dans les grottes enfumées par les bâtons d’encens qui brulent devant les diverses statues dorées de bouddha et autres divinités.

nanputuo

nanputuo

On fait le tour un peu trop rapidement à notre goût à cause du déluge et on passe un bon moment à l’excellent resto végétarien géré par les moines. Pas facile de commander avec les menus en caractères chinois, on pointe les assiettes de nos voisins pour choisir nos plats. La plupart des gens parlaient anglais aux Philippines mais en Chine, c’est pas le cas, faudra s’y habituer!

xiamen vegetarian

En après-midi, on se promène dans Xiamen qui mixe une architecture vaguement coloniale et la modernité des grosses villes chinoises, avec des écrans géants un peu partout, pour un résultat assez surprenant. On aime particulièrement les étroites ruelles piétonnes où les restaurants de brochettes et de fruits de mer se font une compétition féroce pour attirer la clientèle en criant à tue-tête un par-dessus les autres. C’est chaotique et ça sent tellement bon, on adore ça.

xiamen street

xiamen street

On doit malheureusement annuler notre visite de l’ancienne enclave britannique de Gulangyu. L’averse reprend de plus belle et on annonce la même température pour le reste de la semaine. On retourne donc dans notre chambre de banlieue siroter une bière (notre promesse n’a pas fait long feu) avec des chips au concombre tout en organisant notre voyage en Chine.

xiamen beer

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