Les trains en Chine Chine 6

train chine

Le métro de Shanghai a beau être bondé en permanence, il reste le meilleur moyen de visiter la ville. Ultra moderne, propre, efficace et ordonné, rien de plus facile que de s’y déplacer. La station de train centrale, elle, c’est tout le contraire, le chaos total.

Il y a des guichets électroniques en anglais pour acheter les tickets, on fait la file, c’est simple et rapide sauf que pour finaliser la transaction, il faut une carte de citoyenneté chinoise. On ne comprend pas trop pourquoi ils ont pris la peine de traduire les terminaux. On fait donc une deuxième fois la file, collés sur la personne en avant de nous et aux aguets pour ne pas se faire dépasser. Ça prend encore une bonne demi-heure pour passer à un comptoir. La caissière, avant même qu’on lui adresse la parole, nous fait des mouvements de gauche à droite avec sa main comme pour nous dire bonjour, c’est sympathique, on fait donc la même chose avec un gros sourire. Sauf qu’ici ça ne veut pas dire salut, mais tout simplement NON! Elle ne veut même pas essayer de communiquer, elle ne parle pas anglais, pas de billets pour nous, un point c’est tout. On essaie tant bien que mal d’insister, on a le numéro de train et le nom de la ville en chinois sur notre téléphone, ce n’est pas compliqué, mais elle répète Méiyou, Méiyou (non)! Elle nous fait maintenant un signe de surfeuse avec ses doigts, ce qui veut dire 6. On abandonne et on va se mettre en ligne devant le guichet numéro 6. On est bien content d’avoir mémorisé comment compter avec nos doigts à la chinoise, ça s’apprend rapidement et c’est très pratique.

chiffres chinois

Une troisième fois, on refait la file et une autre demi-heure d’attente, pour se faire accueillir de la même manière, Méiyou, Méiyou. Cette fois-ci, on a moins le sourire, puis elle nous fait un signe de fusil, guichet 8. TAB……!!!!! On revient tout juste du guichet 8. Ça va faire, on se croirait à la recherche du formulaire A-38 dans les 12 travaux d’Astérix. On prend notre téléphone, on le colle sur la vitre qui nous sépare pour lui montrer le numéro de train, puis on reste là sans bouger. Les gens commencent à s’impatienter. Elle appelle sa supérieure qui, elle, connaît un mot en anglais, passeport. Elles regardent notre document un bon dix minutes, rentrent quelques informations dans leur ordinateur avec un air soucieux puis nous demandent, wich country? Qu’est-ce qu’elles regardaient depuis tout ce temps, c’est écrit en gros, CANADA. Finalement, elles impriment nos billets. Ce qui aurait dû prendre dix minutes a pris finalement près d’une heure et demie.

 

train chineAvec tout ça, on n’a pas eu le temps de manger et le train part dans 8 minutes. On fait donc comme tout le monde et on achète des nouilles Ramen. On court jusqu’à notre wagon pour ne pas rater notre départ. Devant la porte il y a un amoncèlement monstre de gens qui se bousculent agressivement pour rentrer les premiers, on les laisse faire et on attend notre tour, pourquoi se presser. Une fois dans le train, c’est la folie, il y a une centaine de places assises, mais il doit y avoir au moins 250 personnes avec chacun une tonne de bagages. On pousse les gens qui bloquent le chemin comme deux bons Chinois et on enjambe des montagnes de valises jusqu’à notre place où il y a déjà deux personnes. On les tasse, mais pour nos sacs, il n’y a plus d’espace nulle part sauf sur nos genoux. Le train commence à bouger et tous les gens debout cherchent un moyen pour être plus à l’aise; le dossier de notre siège, nos cuisses et nos épaules leur semblent très confortables. L’espace personnel en Chine est un luxe que l’on ne retrouve pas dans les trains bon marché. Ça crie, c’est tellement bruyant. Le passager en face de nous mange des graines de tournesol qu’il crache partout en nous dévisageant tandis que sa femme dévore un poulet et les os se retrouvent à nos pieds quand elle a fini. Le trajet vers Nanjing dure trois heures (une heure avec les trains rapides), on va devoir jeuner parce que se rendre au distributeur d’eau bouillante pour faire cuire nos nouilles s’avère une mission impossible.

 

En plus, comme si c’était pas assez le bordel comme ça, il y a des vendeurs ambulants qui proposent leur marchandise en gueulant à tue-tête. Ils font des discours intenses de plusieurs minutes pour vanter leurs produits et, comme dans une infopub, ils font des démonstrations pour prouver leur efficacité. Il y en a un particulièrement insistant qui essaie par tous les moyens de nous convaincre d’acheter une ceinture. Pour démontrer à quel point elle est résistante, il l’attache après le support à bagage et tire de toutes ses forces. Les passagers se montrent hésitants, personne ne veut se ramasser avec une ceinture qui peut céder à tout moment sous la pression de sa bedaine. Il demande donc un volontaire pour la tester. Le frêle vieillard qui tente son coup devait avoir un fond de technique kung-fu dans les avant-bras parce que la ceinture se rompt aussitôt. Il se ramasse sur le derrière avec plusieurs autres passagers qui le suivent dans sa chute et le vendeur repart bredouille avec ses ceintures bas de gamme.

 

On arrive finalement à Nanjing, notre hôtel se trouve à la station de métro Shanghai. Le seul problème, la carte du métro est en chinois seulement!!!

Nanjing Metro

One Reply to “Les trains en Chine Chine 6”

  1. Marielle Bernard dit : Répondre

    Pas certaine que j’aimerais cette promisquité . À San Francisco on a pris un tramway dans le quartier chinois. Je peux dire que ça poussait en masse…

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