Kaifeng chine 8

kaifeng chine

Les choses bougent tellement vite en Chine que les guides de voyage sont déjà désuets aussitôt imprimés. Pour les hôtels, la liste recommandée par le Lonely Planet devrait être utilisée uniquement pour savoir où ne pas dormir. Selon eux, un lit dans un dortoir de douze personnes avec une toilette partagée dans un quartier éloigné ou une chambre de luxe dans un cinq étoiles sont les deux meilleures options pour la ville de Kaifeng.

Il est préférable de faire ses recherches à l’ordinateur mais la cyber censure crée des maux de tête aux voyageurs. En effet, la Chine bloque tous les sites internet utilisés fréquemment (Google, Gmail, Facebook, Twitter…) Essayez de faire une recherche d’hôtel sans Google. Heureusement, il suffit d’installer une application appelée un VPN sur votre téléphone AVANT d’arriver dans le pays et le problème est réglé. En gros, un VPN fait passer votre connexion par le serveur d’un autre pays, ce qui vous permet d’avoir accès à tout ce que vous voulez. Pas besoin de payer, il y en a plusieurs gratuits, il suffit de tous les télécharger. Notre préféré, Betternet, fonctionne presque à tous les coups.

Une recherche rapide et on trouve une chambre très bien située pour seulement 16$. Le problème est que sur les sites de réservation comme Booking.com et Agoda, il est mentionné « pour résidents chinois seulement ». Encore un moyen pour le gouvernement de contrôler les touristes et de savoir où ils se trouvent. Imaginez un hôtel qui afficherait Québécois seulement. Sur l’application chinoise Ctrip, par exemple, il ne semble y avoir aucune restriction pour les étrangers, on tente donc notre chance.

On arrive tard à l’hôtel après plusieurs heures passées dans un train encore une fois bondé. À la réception, ils ont l’air de se demander ce que nous faisons là ! Mais de toute façon, même s’ils veulent nous dire que la chambre est interdite aux étrangers, ils ne parlent pas un mot d’anglais. Ils font une copie de notre passeport et nous remettent les clefs sans souci. Un grand lit double, mini frigo, salle de bain spacieuse, tout est super moderne et sur l’écran plat on a même accès au Netflix chinois avec des centaines de films en anglais, c’est parfait. Le seul truc bizarre c’est que tous les autres clients accèdent à l’hôtel par un ascenseur qui se trouve dans la ruelle à l’arrière en scannant leur téléphone et ils repartent quelques heures plus tard. Le panier près du lit avec un assortiment d’huiles, de lubrifiants, de condoms et de petits jouets coquins confirme nos soupçons. C’est peut-être un hôtel de passe, mais au moins c’est propre. Aucune raison de dormir dans une auberge de jeunesse avec des co-chambreurs qui ronflent, en plus c’est moins cher ici.

Le lendemain matin, on prend une marche jusqu’aux fortifications qui protègent la ville depuis des centaines d’années. Malheureusement, comme plusieurs sites historiques en Chine, les minutieuses rénovations qui auraient été nécessaires à la survie de la muraille ont été mises de côté pour une reconstruction de piètre qualité avec du béton sans charme. En plein centre de la ville, la Drumtower est magnifique, mais est-ce que c’est l’original ou une superbe copie?

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Nous sommes venus à Kaifeng surtout pour goûter aux spécialités locales. Direction les fameux marchés de nuit. On voit plusieurs chariots de bois où sont empilés casseroles, chaudrons, woks, et des montagnes de produits frais. Pour l’instant, personne ne cuisine, ils sont tous entassés plus ou moins en file à une intersection pleine de voitures et semblent attendre quelque chose. À six heures tapant, un policier fait raisonner son sifflet et c’est le début d’une course déchainée pour savoir qui aura le meilleur emplacement pour vendre sa nourriture. Tassez-vous de là si vous ne voulez pas vous faire écraser. Les plus jeunes, une bonbonne de propane sur chaque épaule, prennent les devants suivis de près par les chariots où se balancent des carcasses d’agneau fraichement dépecé, les étals de brochettes de toutes sortes et, loin derrière, les vendeurs de soupe avec leurs immenses marmites qui risquent de s’ébouillanter à chaque pas de course. C’est la guerre, ça se pousse, ça s’insulte, ça crie, c’est incroyable et puis deux minutes plus tard tout le monde cuisine, heureux, avec le sourire aux lèvres pour accueillir les clients. On se régale!

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ps: Désolé pour la qualité des photos, la caméra était restée à l’hôtel, on a dû utiliser notre iPod.

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