Langmusi Tibet 2 (Chine 13)

moines tibet chine langmusi

À notre réveil, de gros flocons tombent tranquillement du ciel, tapissant de blanc les stupas, les temples et les montagnes environnantes. La route qui nous mène encore plus haut vers les sommets enneigés est très belle. Les quatre heures qu’il nous faut pour se rendre jusqu’au village de Langmusi passent en un clin d’œil. En descendant de l’autobus, on est un peu soucieux, l’endroit est complètement désert. La plupart des commerces semblent fermés pour la basse saison et les trois ou quatre hôtels de la rue principale sont bloqués par de grosses grilles cadenassées. On a l’impression d’être dans une ville fantôme.

langmusi chine tibet

Un gars à l’air un peu louche approche pour nous offrir une chambre. Comme on n’a aucune autre alternative, on le suit. Une ruelle boueuse nous mène à la sortie de secours d’un des hôtels barricadés. Il n’y a personne à la réception ni aucun autre employé, sauf l’homme qui semble être le concierge qui s’occupe du bâtiment durant la saison morte. On hésite un peu parce qu’il n’y a pas le chauffage, mais il y a des couvertes chauffantes et le prix est raisonnable. On lui paye ses dix dollars et il nous donne les clefs. On fait un tour à la salle de bain avant de visiter la ville. Les toilettes sont franchement dégoutantes. On lui demande de les nettoyer, mais il n’a pas l’air de comprendre. On lui pointe la crasse et l’urine séchée sur la bolle, mais aucune réaction. Sur le téléphone, on lui montre le mot sale en chinois, puis malpropre, et finalement dégueulasse. Il semble enfin cliquer et nous fait signe de patienter. Il revient quelques minutes plus tard avec un sac de plastique dans lequel il fait un trou et l’installe sur la toilette! C’est tout à fait logique, maintenant c’est beaucoup plus propre. On abandonne pour l’instant, c’est trop absurde, on lui répète de faire le ménage ou de nous redonner notre argent et on part explorer les monastères.

langmusi chine tibet stupa

À notre sortie de l’hôtel, un petit chien se met à nous suivre. Il traverse le village à nos côtés et comme pour nous indiquer le chemin, il prend les devants sur le chemin qui mène au monastère Serti Gompa. On parcourt les superbes temples aux toitures dorées avec lui, et à chaque arrêt il nous attend patiemment à l’extérieur. Quelques jeunes moines nous souhaitent timidement la bienvenue. Des habitants du village, beaucoup moins gênés, font une longue session selfie avec nous et une vieille dame nous invite à faire le pèlerinage autour du temple avec elle. Une belle longue marche paisible, empreinte de spiritualité dans le silence des montagnes, puis on s’installe quelques minutes sur un banc avec un autre groupe de pèlerins en échangeant quelques sourires à défaut de pouvoir mieux communiquer. Les Tibétains nous font vraiment beaucoup de bien avec toute cette gentillesse sans arrières pensées.

langmusi chine tibet

langmusi chine tibet

langmusi chine tibet

Notre guide canin nous mène à travers les ruelles du vieux quartier musulman jusqu’à une intrigante mosquée en bois qui a malheureusement connu des jours meilleurs, puis vers le sommet d’une colline où se trouve un stupa bouddhiste, presque enseveli sous tous les drapeaux de prières multicolores qui y sont attachés. On passe un bon moment à observer les petits groupes de gens qui viennent tour à tour le temps d’une prière disperser au vent des milliers de petits carrés de papier blanc sur lesquels est imprimé le dessin d’un cheval galopant. Il y en a tellement, que de loin il est difficile de distinguer la mince couche de neige des bouts de papier qui couvre le sol. On a une vue splendide sur tout le village et sur les temples et collèges qui forment le deuxième monastère de la ville, le Kerti Gompa.

DSC04132

papiers llangmusi chine tibet

On suit encore une fois notre nouvel ami, cette fois derrière un des pavillons, puis le long d’un sentier qui borde un ruisseau au creux d’un ravin. Dans les parois rocheuses, de chaque côté, des grottes sacrées où les moines se retirent pour méditer à la lueur de chandelles au beurre de yak. Le bruit du ruisseau qui s’écoule, le son des drapeaux qui claquent au vent et le chant des oiseaux, c’est tout ce qui vient briser le silence parfait, pas de trafic assourdissant ni de groupe de Chinois qui crie à tue-tête. C’est tellement relaxant et en plus, pour une fois on peut apercevoir le ciel bleu, le smog permanent qui enrobe la Chine ne s’est pas encore rendu jusqu’au plateau tibétain.

langmusi tibet chine

 

langmusi tibet chine

Notre retour vers l’hôtel coïncide avec la fin des classes. Nous marchons donc avec tous les jeunes moines qui rentrent chez eux en jouant et en se tiraillant. Le petit chien nous quitte un peu comme Le Vagabond, une fois sa bonne action accomplie, un aboiement dans notre direction et il repart seul vers les montagnes.

moines tibet chine langmusi

La chambre n’a bien sûr pas été nettoyée et il n’y a personne à l’hôtel. On observe plus attentivement les lieux. Dans un coin, de vieux os de poulet. Sous les draps, des poils et de vieux kleenex et la couverture électrique s’avère n’être qu’un petit pad chauffant qui ne dégage presque aucune chaleur. Au moins WiFi fonctionne quelques minutes, le temps d’apprendre qu’il va faire moins dix degrés cette nuit! Pour souper, comme tous les restos sont fermés, on mange ce qui semble parfois être le plat national chinois, des nouilles ramen, quel régal. Par mesure d’hygiène et de survie, on enfile tous nos vêtements, nos manteaux, on secoue les draps et pour se réchauffer on dort collés dans l’un des minuscules lits simples. La nuit va être longue même si on doit se lever à 5 heures du matin pour prendre le seul bus qui quitte la ville.

tibet chine langmusi

Laisser un commentaire