Jiayuguan Chine 15

fort jiayuguan chine

Au 14e siècle, durant la dynastie Ming, entre le désert de Gobi au nord et les montagnes du plateau tibétain au sud, le corridor de Hexi était le point d’accès principal de l’empire de Chine pour les caravanes de la route de la soie qui faisaient le long voyage depuis l’Europe par l’Asie centrale. À la dernière oasis avant le début des contrées sauvages de l’ouest, là où la muraille de Chine se termine, l’imposant fort de Jiayuguan défendait la frontière contre les raids des peuples barbares.

Les fortifications, les pavillons classiques avec leur toit incurvé vers le haut et les tours de garde qui protégeaient la ville sont splendides et en très bon état de conservation. On peut facilement s’imaginer la vie des soldats de la garnison envoyés ici, loin de tout, pour surveiller le désert aux limites occidentales de la Chine. Les marchands et les voyageurs avec leurs chameaux qui prenaient un repos bien mérité après avoir traversé une région contrôlée par des nomades sanguinaires ou ceux qui s’apprêtaient à risquer leur vie pour transporter leur marchandise vers l’Europe devaient faire de Jiayuguan un point de ravitaillement multiculturel assez particulier pour l’époque.

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Les vestiges de la muraille de Chine, quelques kilomètres plus loin dans les montagnes, sont superbes sur photos mais quand on y est, les choses sont très différentes. Bien cadrées, on ne voit que les pics vertigineux et le mur de brique qui y serpente, mais si on observe les alentours depuis le sommet, c’est un paysage industriel de cheminées d’usines et de pylônes électriques que l’on aperçoit à travers le brouillard toxique qui brule les yeux. La restauration de 1987 fut plutôt une reconstruction complète et la muraille n’a pratiquement plus rien d’authentique. C’est assez décevant, mais ça donne une bonne idée de ce à quoi elle devait ressembler à l’époque et si on réussit à faire abstraction des usines, le panorama est assez joli.

muraille jiayuguan chine

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Jiayuguan, elle, n’a rien de jolie. Une ville dortoir pour les travailleurs des fabriques d’acier de la région où tous les immeubles sont identiques, sans parc ni aucune verdure. C’est gris, poussiéreux et triste, mais on a toujours voulu s’arrêter dans l’une de ces immenses agglomérations clonées tout le long du chemin de fer par de grandes industries pour loger leurs employés. C’est bien ce qu’on avait imaginé, une ville efficace mais sans place pour la beauté et les fioritures architecturales, l’endroit parfait pour tomber en dépression. Quand on pense que presque tout ce que nous consommons provient d’endroits comme celui-ci, produit par des travailleurs surmenés, ça fait tout un choc.

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Avec un peu de temps libre devant nous, on décide d’aller à la poste pour envoyer un cadeau à une amie qui est sur le point d’accoucher. On donne le colis et l’adresse à la caissière et elle nous remet un formulaire de deux pages à remplir. Visiblement, ils n’ont jamais servi de touristes, c’est donc tous les employés de la poste qui viennent nous assister pour la transaction. Il faut leur expliquer que si on écrit notre adresse au Canada en symboles chinois, le postier à Montréal ne comprendra pas, que l’on n’a pas d’adresse de retour en Chine et qu’on ne veut pas d’assurances pour notre colis. Poster un simple paquet prend près d’une heure et demie en traductions douteuses avec nos téléphones, tout ça entremêlés de mimes et de fous rires mémorables.

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Comme notre blogue n’est pas à jour (nous sommes présentement à Istanbul), près de deux mois plus tard le colis n’est toujours pas arrivé à destination. On croise les doigts, la taille du pyjama est pour un poupon de trois mois!

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