Dunhuang Chine 16

dunes de sable dunhuang chine

La Chine compte près de 1,4 milliard d’habitants, soit environ 20 pour cent de la population mondiale. Ça en fait du monde! Pour fournir de l’électricité à tous ces gens et aux usines où une bonne partie d’entre eux travaillent à produire pratiquement tout ce que nous consommons, des centaines de milliers de centrales électriques brûlent du charbon à un rythme complètement fou. Désormais de loin le plus grand producteur de gaz à effets de serre de la planète, la Chine s’asphyxie tranquillement sous un brouillard toxique. Si c’est le début du futur qui nous est réservé à tous, ça fait vraiment peur! Pourtant, dans le train qui traverse le désert vers Dunhuang le ciel est bleu et pour une rare occasion on aperçoit le soleil. Un espoir pour le futur, tout le long du trajet de chaque côté du train, une forêt d’éoliennes tournent à perte de vue sur des centaines de kilomètres.

En arrivant à Dunhuang, comme dans plusieurs autres villes touristiques hors saison, on a l’impression de se retrouver dans une ville déserte ou plutôt dans une ville sans âme. Ultra moderne, propre et ordonnée, l’ancienne oasis vient d’être complètement rénovée pour le passage de plusieurs dignitaires étrangers, dont Poutine et Hollande, pour l’exposition culturelle de la route de la soie qui aura lieu en septembre. Les ruelles pleines d’atmosphère, le marché public centenaire et les maisons traditionnelles ont tous été subtilement rénovés à la chinoise, c’est à dire à coup de pelle mécanique. Dommage, le centre n’a plus aucun intérêt pour les touristes étrangers.

Par contre, il suffit de quelques minutes d’autobus pour se rendre aux portes du désert. Littéralement aux portes du désert, parce que c’est la Chine, ils ont bien sûr construit une gigantesque clôture qui semble s’étirer à l’infini tout le tour. Il faut payer rien de moins que 30 dollars chacun pour y entrer. Rien de gratuit en pays communiste. Des quatre roues roulent à toute vitesse à côté des groupes de touristes en chameau qui crient à tue-tête, et dans le ciel des ultras légers survolent les dunes faisant un boucan d’enfer. Ce n’est pas du tout le calme du désert que l’on espérait tant. On contourne les hordes de touristes qui font de la crazy carpet, on fuit ceux qui nous harcèlent pour prendre des selfies et on entreprend l’ascension de la première butte. Du sommet, on aperçoit l’horreur! Le fameux lac du croissant de lune et le temple de l’oasis sont magnifiques tout comme sur les brochures touristiques, mais juste à côté, à moins de cent mètres, quelqu’un a eu la brillante idée de bétonner une section immense du désert pour en faire un stationnement! Détruire une merveille de la nature, c’est à ça que nos 60 dollars ont servi!

oasis dunes de sable dunhuang chine

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On est furieux et on décide de s’éloigner le plus possible. On grimpe une dune puis une autre, les souliers pleins de sable, on continue à marcher, à escalader, et soudain on est complètement seuls, des montagnes de sable nous surplombent de tous les côtés. On se sent minuscules, il n’y a plus un bruit mis à part le sifflement du vent sur le sable. Wow, c’est magique. On reste assis là tranquille un long moment à regarder le paysage grandiose. Encore une fois le meilleur et le pire de la Chine dans un même endroit.

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Le lendemain, on se rend aux grottes bouddhistes de Mogao. Le site est tellement populaire qu’il faut réserver nos billets la veille et s’y rendre à l’heure exacte qui nous est donnée. Certains jours, il y a plus de dix mille touristes. La visite se fait obligatoirement avec un guide. À notre arrivée, on aperçoit une imposante file d’attente mais heureusement juste à côté, une autre file d’à peine quatre personnes attendent pour la visite en anglais. Plus on voyage vers l’ouest, plus les visiteurs étrangers se font rares.

On a visité plusieurs grottes au cours du dernier mois et ceux de Mogao sont de loin les mieux préservées et les plus impressionnantes. La difficulté d’accès du site au beau milieu du désert a permis de protéger les statues et les murales de la destruction par des fanatiques religieux ou des fous de la révolution culturelle. Le sable qui a rempli tranquillement les quelque 500 grottes a quant à lui aidé à conserver la pigmentation qui recouvre les sublimes fresques et les sculptures depuis plus de 1500 ans. Le site est un joyau incroyable et pourtant presque inconnu de tous à l’extérieur de la Chine. On se sent privilégiés de l’avoir visité. Malheureusement, les photos étant interdites à l’intérieur, il va falloir nous croire sur parole ou tout simplement vous y rendre un jour.

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