Le col d’Irkeshtam Chine 20

passe d'Irkeshtam kirghistan chine

La Chine traverse cinq fuseaux horaires différents, mais pour unifier le pays le gouvernement utilise l’heure de Beijing à travers tout le pays. C’est pourquoi en été, le soleil se couche vers minuit dans la ville de Kashgar complètement à l’ouest du pays. La plupart des gens utilisent l’heure ajustée du Xinjiang sur leur montre, mais tout ce qui relève du gouvernement adopte l’heure officielle du parti. Pour arriver à l’ouverture des douanes à 9 heures, heure de Beijing, il faut donc commencer notre journée vers 5 heures du matin.

Une heure de route pour rejoindre le poste frontalier qui se trouve étrangement à 175 km de la frontière dans la ville de Wuqia Zhen. Devant le bâtiment, deux soldats pas trop sympathiques refusent que notre taxi nous dépose à la porte ou qu’on s’y rende en marchant. On doit attendre un véhicule officiel pour franchir 100 mètres. À l’intérieur, notre passeport est vérifié par trois douaniers différents avant d’être étampé. Normalement, on devrait nous remettre nos passeports pour qu’on quitte le pays, mais ils le donnent à un chauffeur de taxi de leur choix qui doit nous conduire jusqu’au Kirghizstan. Pas moyen de négocier le prix ni de récupérer nos documents.

On traverse le col d’Irkeshtam à près de 3000 mètres d’altitude, un paysage désertique et trois postes de contrôle militaires perdus au beau milieu de nulle part avant d’arriver enfin à la frontière. Les douaniers sont en pause pour l’heure du diner qui débute à midi et se poursuit jusqu’à 4h30! On a beau être les premiers à quitter Wuqia Zhen, c’est impossible d’arriver avant la pause. Tout le monde doit patienter. Le village frontalier est en ruines, quelques bâtiments de briques à moitié démolis, des conteneurs abandonnés qui rouillent là depuis des années, des déchets partout, une vache, quelques chèvres qui broutent dans un coin et certainement les toilettes les plus insalubres de toute la Chine.

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Petite parenthèse pour vous parler des toilettes publiques en Chine. Premièrement, oubliez l’intimité, il n’y a pas de porte et si vous êtes chanceux, il y a un muret pour vous séparer du voisin. Les Chinois sont aussi curieux aux toilettes qu’à l’extérieur. Se faire observer en plein numéro deux est une expérience unique que tout voyageur en Chine doit malheureusement vivre. Pas de cuvette non plus, il n’y a qu’un trou au sol ou une simple rigole.  Il faut avoir les jambes fortes et savoir squatter. Souvent, il n’y a pas d’eau courante et tout s’empile jusqu’au prochain nettoyage. Les toilettes du poste frontalier n’ont certainement pas été nettoyées depuis des années. L’odeur de putréfaction et la colonie d’asticots qui vivent dans la pyramide brune au fond du trou vont hanter nos cauchemars pour les prochaines semaines, mais quand faut y aller, faut y aller.

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toilette chine irkeshtam

On patiente avec quelques chauffeurs de camion dans un petit resto. Une bonne dizaine de tasses de thé plus tard, les douanes ouvrent finalement leurs portes. Un militaire inspecte rapidement nos passeports et monte à bord du taxi pour faire la dernière demi-heure de route avec nous. On nous dépose au beau milieu des montagnes, le sable et la poussière ont disparu, on voit de nouveau de l’herbe et au loin des sommets enneigés. Il fait aussi beaucoup plus froid, on ressort nos manteaux et on marche le dernier kilomètre dans le no man’s land vers la frontière du Kirghizstan.

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irkeshtam 7

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