La police corrompu de Bichkek kirghizstan 6

police bichkek

Notre hôtel étant un peu éloigné du centre-ville de Bichkek, il n’y a donc pas beaucoup de commerces ni de banques dans le coin. Pendant qu’Elaine se repose, j’en profite pour faire un tour au bazar pour acheter des provisions pour notre trek en montagne, prendre quelques photos et retirer de l’argent parce qu’on est à sec.

Habituellement, Elaine surveille toujours les alentours quand je fais un retrait parce que c’est souvent de gros montants et qu’on n’est jamais assez prudent. Cette fois-ci il y a tellement de monde, il ne devrait pas y avoir de problèmes. Le guichet n’accepte que les cartes avec NIP à 4 chiffres. Pas moyen de retirer d’argent avec ma carte Desjardins. C’est à ce moment-là qu’une main m’agrippe solidement l’épaule et qu’une autre me tire violemment par la ceinture. Je les repousse et crie assez fort pour que tout le monde entende DON’T FUCKING TOUCH ME!

Deux policiers moustachus en civil me montrent rapidement leurs papiers et me demandent d’un ton agressif de voir mon passeport, mon portefeuille et mon téléphone. Je ne m’énerve pas trop, le passeport est à l’ambassade du Kazakhstan, le portefeuille est vide et mon téléphone n’est qu’un vieux iPod. J’ai tout de même un cent dollars américain dans le fond de mes poches.

Quatre autres polices bien baraquées s’approchent et m’encerclent. Ça commence à être un peu intimidant avec leur fusil bien en vue à la ceinture et leur attitude de fier-à-bras. Ils élèvent le ton et moi aussi. Pas question de vider mes poches. Après plus d’une demi-heure à me menacer d’une amende et d’un séjour en cellule, je m’énerve et les insulte un peu trop à leur goût. Ça risque de mal virer, je le sens. Je leur demande pour la vingtième fois de me donner une bonne raison de me fouiller à part pour me voler et ils me répondent, le plus sérieusement du monde WE ARE LOOKING FOR LSD…… impossible de m’empêcher de rire, j’ai un fou rire incontrôlable, plus je ris, plus je suis nerveux et quand je suis nerveux, ben… je ris et ça les énerve fortement. Ils ne rient pas du tout.

Un militaire passe de l’autre côté de la rue. Je lui fais signe de venir me voir. Tous les policiers se retournent vers lui et j’en profite pour partir en courant avant de voir la réaction du soldat. Fuck la police kirghiz!

Je m’achetais des noix tranquille au marché il y a moins d’une heure, je suis maintenant en cavale, six policiers à mes trousses dans les rues de Bichkek! Les choses ont dérapé assez rapidement merci. À bout de souffle après un sprint du tonnerre jusqu’au centre-ville, je pense les avoir semés. À vrai dire, je ne sais pas s’ils m’ont poursuivi, mais je n’ai pas risqué et j’ai couru le plus loin possible sans regarder en arrière.

Après m’être calmé, j’essaie une autre banque, puis une deuxième et une troisième, mais toujours le même problème, impossible de rentrer le cinquième chiffre. Au dixième guichet, ça fonctionne enfin. J’en profite pour faire le plein de dollars américains pour les prochains pays.

Je fais un long détour pour ne pas repasser près du bazar. À quelques centaines de mètres de l’hôtel, de l’autre côté de la rue, un policier me fait signe d’approcher. Cette fois, 800 dollars dans les poches, je ne prends pas de chance, je lui fais bye bye de la main et j’accélère le pas.

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