Tachkent (ou Tashkent?) Ouzbékistan 2

Tachkent tashkent ouzbékistan mosquée Khast Imam

Le 26 avril 1966, Tachkent, la capitale de l’Ouzbékistan, fut changée à tout jamais. Un tremblement de terre de 7.5 sur l’échelle de Richter détruisit pratiquement toute la ville. Près de 300 000 personnes furent tuées et presque autant se retrouvèrent à la rue sans domicile. Le séisme détruisit la majorité des monuments historiques qui faisaient foi de l’importance de la ville sur la route de la soie. La vieille ville cessa d’exister du jour au lendemain.

L’Union Soviétique vit le désastre comme l’opportunité de construire la cité soviétique modèle parfaite. Des tours à logements modernes, de larges avenues, des parcs et bien sûr une immense place centrale pour les parades militaires furent construits en quelques années. La ville qui compte désormais plus de deux millions d’habitants a tourné la page sur son passé et est désormais une capitale jeune, vibrante et en pleine effervescence.

Une visite de Tachkent se doit de commencer par l’exploration du métro qui a été construit et décoré de façon grandiose en tant que « palais du peuple ». L’architecture et les œuvres d’art sont uniques à chaque station et représentent la fierté et l’histoire du peuple ouzbek. Des colonnes de marbre, des chandeliers de cristal, d’impressionnants bas-reliefs, de magnifiques sculptures de bronze et surtout des mosaïques de céramique à couper le souffle, on se croirait dans un musée. À l’entrée, deux soldats fouillent nos sacs et vérifient nos passeports. On descend à peine une dizaine de marches et cette fois deux policiers font les mêmes vérifications et une deuxième fouille. On achète un jeton de plastique à une dame au visage froid et sans émotion portant un uniforme brun qui date clairement de la fin des années 70, tout comme les vieux tourniquets où on insère notre jeton, les wagons de train et la décoration rétro. Le métro est considéré comme une installation militaire, il est donc interdit d’y prendre des photos. Les policiers omniprésents qui se tiennent bien droits avec un air menaçant à environ tous les cent mètres ne nous donnent pas envie d’essayer d’en prendre une discrètement. ( photos sur google )

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Notre premier arrêt, le centre religieux du pays, le square Khast Imam. Construit autour de la tombe du premier imam de Tachkent, le complexe comprend deux médersas (école coranique), deux mosquées, le siège de la religion musulmane en Ouzbékistan et quelques mausolées en l’honneur de poètes et érudits locaux. La raison principale de notre visite est la librairie Moyie Mubarek et sa collection de vieux livres. En l’an 651, 19 ans après la mort du prophète, le Kalif de Tachkent fit une copie à la main du coran dans un grand manuscrit en peau de cerf. Le livre sacré est le plus ancien coran complet encore en bon état et est d’une valeur inestimable. Le scribe du livre fut assassiné en pleine lecture et sur l’une des pages, on peut encore distinguer la trace d’un coup d’épée et une giclée de sang.

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On s’assoit à l’ombre sur les marches de la mosquée pour prendre un répit des 45 degrés sous le soleil qui plombe et pour observer les gens, notre passe-temps favori. Un jeune début vingtaine nous approche pour discuter. Il passe deux ou trois après-midis par semaine à pratiquer son anglais avec les touristes, il aimerait bien devenir guide. Il est ravi d’apprendre que nous sommes Canadiens et il adore notre Kim Kardashian de la politique, Justin Trudeau. On passe près d’une heure avec lui à parler de tout et de rien. Pour quelqu’un qui vit en pleine dictature, il est super ouvert sur le monde. En parlant d’homosexualité et du mariage gai, on se rend bien compte qu’il voudrait élaborer sur le sujet, mais que c’est trop tabou ou risqué pour lui de nous dire ce qu’il pense vraiment. C’est tellement triste de savoir qu’il va passer le reste de sa vie frustré dans un mariage arrangé seulement parce qu’il n’est pas né au bon endroit pour vivre pleinement sa vie.

Il y a quelques musées qui valent le détour à Tachkent, notre préféré est celui des arts décoratifs. Installé dans une vieille demeure des années 30, on peut y admirer l’artisanat du peuple. Les céramiques, les tapis, les textiles, les bijoux et les objets de tous les jours sont d’un style complètement nouveau pour nous avec des influences de l’Asie, de la Russie, de l’Europe et de l’art musulman, un vrai melting pot culturel. Dommage, ici aussi les photos sont interdites.

On se rend à la gare où on nous fouille encore plusieurs fois. Chaque fois qu’ils ouvrent notre sac à dos bourré de liasses d’argent on s’attend à une réaction, mais non, ça semble tout à fait banal. On fait la file près d’une heure pour finalement se faire dire que tous les trains vers Khiva sont complets pour les cinq prochains jours. On regarde la carte rapidement, on achète deux billets pour Khiva pour un total de 420 000 soms. Quatre briques, dont une pleine de sang et 20 billets. Heureusement, ils ont une machine à compter les billets!

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