Lac Song Kol. Kirghizstan 9

chevaux lac song kol Kirghizstan

Perché à plus de 3000 mètres aux confins d’une large vallée herbeuse au cœur des montagnes du Kirghizstan, le lac Song Kol est l’endroit idéal pour découvrir le mode de vie des peuples nomades qui habitent la région. De juillet à septembre, ils y installent leurs yourtes et y déplacent leur bétail pour profiter des pâturages, de l’eau fraiche et du beau temps. Un organisme de tourisme communautaire, la CBT, organise des nuits chez l’habitant dans une tente traditionnelle, un incontournable en Asie centrale.

yourte song kol Kirghizstan

De Karakol, quatre heures dans une mini fourgonnette collective surchargée nous permettent de rejoindre Balykchy. On devrait poursuivre notre route vers Kochkor, mais les chauffeurs de taxi sans scrupule pensent tous avoir gagné le jackpot en nous voyant approcher. Ils nous proposent leurs services avec de grands sourires arrogants, des signes de piasses dans les yeux, c’est environ dix fois le tarif réel. C’est complètement ridicule. Encore une fois l’histoire se répète, on décide de voir qui va flancher le premier. On attend impatiemment d’autres passagers pour faire descendre le prix mais le soleil se couche rapidement et il n’y a pas d’hôtel dans les environs. Aucun client en vue. On n’a aucune marge de manœuvre. On est désespérés, ils sont sur le point de gagner et ils le savent. Soudain, deux Israéliennes qui voyagent avec leur père débarquent d’un bus et comme dans une mauvaise comédie pleine de gros clichés, en moins de deux minutes ils négocient un prix incroyable et on reprend la route. On décide d’organiser un tour ensemble vers le lac le lendemain. On les laisse marchander pour ça aussi.

La jeep survit miraculeusement à quelques heures sur une route cahoteuse qui nous fait parcourir des paysages fabuleux vers les pâturages ou jailoos en kirghiz. Au tournant d’une colline, on traverse laborieusement un ruisseau rocailleux, puis la piste s’arrête d’un coup sec. La vallée s’ouvre devant nous, tapissée d’une couche de gazon vert clair qui semble s’étirer presque à l’infini. Au loin, à la limite de notre champ de vision, des dizaines de pics rocheux en dents de scie semblent nous encercler. Une bonne demi-heure hors-piste nous mène finalement au campement sur les rives du lac.

route song kol Kirghizstan

route song kol KirghizstanOn marche le long de la petite plage de cailloux qui borde le lac Song Kol et on s’y assoit un long moment pour observer les chevaux qui s’y baignent par dizaine. Les montagnes qui se reflètent dans l’eau sont grandioses. On tente de s’en approcher, mais dans un désert même quand ça nous semble si près, c’est passablement loin en vérité. De l’herbe sur des kilomètres, on a rarement profité d’un panorama aussi vaste. On croise un berger qui rassemble ses dizaines de moutons, seul avec ses deux chiens. C’est émouvant. On rebrousse chemin après deux heures de marche, loin d’avoir atteint notre but.

chevaux lac song kol Kirghizstan

 

lac song kol Kirghizstan

Pour mieux explorer la région, on emprunte deux chevaux à la famille qui nous accueille. Le seul petit problème, c’est que contrairement aux enfants kirghiz qui apprennent à monter aussitôt qu’ils peuvent tenir les rênes et à nos nouveaux amis Israéliens qui ont grandi sur une ferme, on n’a jamais fait d’équitation. Peu importe, surexcités, on enfourche nos montures et on file au galop comme de vrais nomades! YEEEHA! C’est grisant, la liberté totale, il n’y a aucun arbre, aucun obstacle pour nous arrêter, pas de danger. On va de plus en plus vite, c’est excitant, toujours plus vite, peut-être un peu trop, on rebondit d’un bord à l’autre sur la selle. On s’arrête comment déjà? Les chevaux n’en font qu’à leurs têtes, c’est clairement eux qui nous mènent, on fait de piètres cowboys. Quand ils en ont assez, ils nous ramènent tranquillement à petit trot jusqu’à nos yourtes.

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Les troupeaux de yak fournissent le feutre et les lanières de cuir qui recouvrent la charpente de bois circulaire des yourtes et leur bouse séchée sert à alimenter le petit poêle qui garde la tente au chaud. Une ouverture circulaire aucentre du toit, là où les arcs principaux de l’armature se rejoignent, permet à la fumée de s’échapper. C’est le motif que l’on aperçoit sur le drapeau du pays. Des tapis brodés de formes géométriques multicolores décorent l’intérieur et comme seul ameublement, un coffre et des matelas à même le sol. Heureusement que l’on a de grosses couvertures lourdes pour se couvrir parce qu’une fois le foyer éteint, la température descend rapidement et on se voit mal explorer les jailoos en plein milieu de la nuit à la recherche d’excrément pour alimenter le feu. Quoiqu’avec les milliers d’étoiles qui scintillent dans le ciel, c’est magnifique et s’il ne faisait pas si froid on aurait bien aimé dormir à l’extérieur.

 

yourte lac song kol Kirghizstan

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Le lendemain matin, on trait maladroitement les vaches pour le déjeuner. On se fait ami avec le plus mignon de tous les bébés ânon et on prend une dernière longue marche au bord de l’eau avant de rentrer vers Bichkek.

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