Sofia et Rila Bulgarie 2

sofia bulgarie

Sofia, malgré ses origines millénaires, ne devint capitale de la Bulgarie qu’en 1879, un an après avoir été libérée par les Russes de 500 ans d’occupation ottomane. Les magnifiques immeubles de style néo-renaissance qui bordent les allées piétonnes pavées de pierres antiques ne datent pourtant que de la fin des années 1800, ce qui est relativement jeune pour une si vieille ville. Durant les excavations pour la construction du métro, des ruines thraco-romaines, des vestiges ottomans et des reliques du Moyen Âge ont été découverts un peu partout sous la métropole, ce qui fait du centre-ville un site archéologique majeur d’Europe. Branchée et moderne mais fière de ses racines ancestrales, Sofia est parfaitement résumée par la devise inscrite sur ses armoiries, « Grandis, mais ne vieillis pas ».

Sofia est réputée comme l’un des endroits les moins chers d’Europe. On y trouve facilement une chambre dans un quatre étoiles luxueux pour moins de 80 dollars la nuit. Par contre, avec notre budget limité, on dépose plutôt nos sacs dans un sans étoiles situé dans le secteur glauque d’inspiration soviétique aux limites de la ville. L’ancien tramway de bois qui devait nous transporter en moins de 5 minutes jusqu’au quartier touristique a fait son temps et est actuellement en réparation. On doit donc se taper 45 minutes de marche aller-retour chaque jour. On devrait fortement se méfier des super aubaines sur internet. Les bistros et les petites terrasses sont vraiment attirants, mais ce n’est pas du tout les prix de l’Asie, même si c’est très abordable. Économiser ici nous permettra de nous gâter plus tard, mais résister à une bouteille de rouge après plusieurs mois sans une goutte de vin n’est pas facile.

Un tour guidé, gratuit comme à Plovdiv, nous fait découvrir l’architecture rococo et soviétique des bâtiments, les lieux de cultes successivement transformés en mosquées puis en églises orthodoxes selon les croyances des dirigeants de l’époque et nous en apprend beaucoup sur les traditions bulgares et l’histoire de Sofia.

sofia bulgarie

Le joyau de Sofia, la magnifique cathédrale Alexandre-Nevsky avec ses douze clochers toujours actionnés à la main, ses nombreux dômes resplendissants et sa grosse croix en or massif est à couper le souffle. Elle domine l’horizon de partout en ville. Sa nef grandiose recouverte de superbes murales illustrant la légende de plusieurs saints locaux peut accueillir près de 10 000 fidèles. Notre visite coïncide avec la fin de la messe du dimanche célébrée par des chants grégoriens interprétés par de très photogéniques prêtres orthodoxes barbus en toge noire. Dommage que les photos soient interdites à l’intérieur. L’ambiance serait parfaite, si ce n’était d’un des moines qui semble avoir une mauvaise journée, criant hystériquement après les touristes qui ont le malheur de sortir leur téléphone. On se demande si on devrait lui offrir une snickers, ce qui nous fait bien rigoler. Frustré par notre fou rire, il nous prend aussitôt en chasse, nous reprochant d’avoir photographié une des icônes sacrées, même si notre appareil est rangé au fond de notre sac à dos. Il nous suit tout le long de la visite et continue de nous pointer du doigt, nous accusant du pire des pêchés selon lui, la photographie. Est-ce qu’on va directement en enfer si on insulte un prêtre?

cathédrale Alexandre-Nevsky bulgarie sofia

Non loin de la cathédrale, une eau de soufre nauséabonde qui jaillit d’une petite fontaine a la réputation de guérir pratiquement tous les maux. De nombreuses personnes âgées semblent croire dur comme fer à la légende et attendent longuement leur tour pour remplir de gros bidons vides avec cette eau miraculeuse. On en prend une bonne grosse gorgée, peut-être que ça soignera les malaises intestinaux que l’on traîne depuis quelques semaines ou plus probablement, ça les empirera.

Le premier mars, les Bulgares s’offrent de petitsmartenitsa sofia bulgarie bracelets tressés de fil rouge et blanc, les martenitsa, pour se  souhaiter santé et prospérité. Ils les portent par dizaines sur leurs poignets gauches ou les arborent fièrement sur leur veste jusqu’au premier signe du printemps. Le jour où les oiseaux migrateurs font leur retour, ou à l’apparition des premiers bourgeons en fleurs, la tradition veut qu’on les accroche à une branche d’arbre fruitier pour célébrer le renouveau de la vie. Ils en sont tous complètement recouverts.

À deux heures de route au cœur d’une forêt de conifères majestueuse, le monastère de Rila, érigé au sommet d’une montagne, a plutôt l’air d’une forteresse que d’un lieu de culte. De hautes murailles de pierres encerclent une toute petite église complètement recouverte de fresques multicolores. Il n’y a pas un seul espace qui ne soit finement peint. Centre spirituel de la Bulgarie depuis plus de mille ans, les moines ne font pas qu’y prier. Ils ont perfectionné, au cours des siècles, une recette succulente faite de bines mijotées servies dans des petits pots de terre cuite accompagnée d’un pain traditionnel délicieux et d’un vin maison pas piqué des vers. Encore une fois, toujours aussi gourmands, on ne peut pas résister !

rila bulgarie

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