Ruse ou Rousse. Bulgarie 4

ruse bulgarie

Une route de campagne nous mène jusqu’à Ruse sur les rives du Danube à la frontière avec la Roumanie. Le chemin traverse une splendide plantation de tournesols. Les grandes fleurs jaunes se sont toutes orientées par elles-mêmes directement vers la lumière, comme pour se faire bronzer. On dirait des vagues dans un océan de rayons de soleil qui s’étire à perte de vue. On aimerait bien s’y arrêter, tout lâcher et s’installer un moment dans une des charmantes maisons de pierres pour y devenir peintre ou bien poète tellement c’est beau. Malheureusement, on n’a pas le talent et le chauffeur de bus ne veut même pas y faire une pause le temps d’une photo.

Ruse est souvent surnommée la mini Vienne. On ne sait pas si la comparaison est bonne, on n’a pas encore visité l’Autriche, mais on en a maintenant vraiment envie. Élégance est le premier mot qui nous vient en tête pour décrire la ville. Les immeubles à l’architecture de style Belle Époque donnent un côté grandiose aux larges avenues bordées d’arbres majestueux parfaitement taillés qui mènent jusqu’à la place centrale. On s’assoit sur un banc de parc en face d’une grande fontaine entourée de fleurs et de statues le temps d’un pique-nique. Quelques charcuteries, de délicieuses galettes de viande hachée appelées kyufte, des feuilles de vigne farcies, un fromage de brebis frais au goût qui se rapproche du féta, quelques poivrons marinés croquants et du kyopolou, un caviar d’aubergine crémeux accompagné de petits pains frais traditionnels achetés au marché. On adore l’ambiance, on passe une belle journée à arpenter les nombreuses rues piétonnes pour découvrir les superbes monuments historiques et les divers musées. Sur le bord de l’eau, les ruines d’une forteresse romaine que l’on explore rapidement sont certainement fascinantes pour les passionnés d’archéologie, mais on préfère les vestiges du concours de châteaux de sable qui s’est tenu la veille sur une courte plage aménagée non loin de là.

ruse bulgarie

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Le bus qui doit nous mener à Bucarest quitte à midi tapant. On déjeune tranquillement et on prend une longue marche vers la gare. À notre arrivée, vers onze heures, la caissière nous annonce qu’il n’y a plus de billets disponibles et que le prochain départ est à six heures ce soir, même chose pour le train. On aurait dû s’écouter et acheter nos tickets la veille au lieu de faire confiance au réceptionniste de l’hôtel qui nous assurait que c’était inutile. Après avoir demandé conseil à pratiquement tout le monde à la station et repoussé à répétition les chauffeurs de taxi harcelants qui nous demandent 75 euros pour la course, on finit par monter dans un autobus local qui peut nous déposer devant le poste frontalier. On se débrouillera de l’autre côté pour trouver un transport vers la capitale roumaine.

Les douanes se situent à l’entrée d’un pont qui enjambe le Danube. On remet nos passeports aux agents d’immigration qui nous regardent d’un air étonné, surpris de nous voir arriver à pied. Ils nous refusent l’accès. Le passage piéton est en réparation, il faut donc absolument traverser à bord d’un véhicule. On essaie tant bien que mal de faire du pouce, mais personne n’a envie de franchir les douanes avec deux inconnus qui cognent à la porte de toutes les voitures pour quémander un lift et on les comprend. On trouve un taxi qui veut bien nous embarquer pour un prix raisonnable. De l’autre côté, il ne semble pas y avoir d’autobus. Le chauffeur propose de nous conduire jusqu’à Bucarest puisqu’il s’y rend de toute façon pour aller chercher quelqu’un à l’aéroport. Il nous demande combien on peut lui offrir. Il nous reste seulement l’équivalent de 10 dollars en Lev bulgare dans les poches, on lui propose en souriant. Il hésite un moment puis accepte, il n’a pas envie de conduire seul et espère poursuivre la conversation agréable que nous avions entamée avec lui. Pour nous, c’est l’aubaine du siècle!

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