Bucarest Roumanie 1

Bucarest Roumanie

Michael Jackson, Lenny Kravitz, Iron Maiden, Metallica et Ozzy Osborne ont tous respectivement amorcé leur dernier concert en Roumanie d’un énergétique «Hello Budapest». Le seul problème, c’est que la capitale se nomme Bucarest. La métropole n’est pas la plus connue et l’erreur est fréquente. L’imbroglio a atteint son apogée en 2012 lors de la finale du championnat de la ligue d’Europe de football, quand plus de 400 partisans de l’Athletic Bilbao ont pris un vol vers la mauvaise ville. Plus récemment, une dizaine de politiciens Anglais ont fait la même erreur, ratant une importante conférence. Rom, une marque de chocolat locale a saisi l’occasion et a créé un site internet pour essayer de remédier à la confusion. Ils ont installé d’immenses panneaux publicitaires sur la route de l’aéroport sur lesquels on peut lire « Welcome to Bucharest not Budapest ». Un peu honteux, on supprime aussitôt notre application iPhone sur la ville de Budapest en Hongrie !

Au début du 20e siècle, la plupart des architectes roumains étaient formés en France, donc fortement influencés par ce qu’ils ont vu. L’Arc de triomphe de Bucarest est une copie de celui de Paris, la Casa de Economii ressemble à s’y méprendre au Petit Palais et le Musée National, ancien bureau de poste, est identique à celui de Genève. Ces bâtiments grandioses côtoient maintenant des constructions, disons plus brutes, laissées par les dizaines d’années d’urbanisme communiste utilitaire et de vieilles églises orthodoxes magnifiques, formant un style éclectique unique. Malheureusement, une bonne partie du quartier historique de la ville fut sauvagement démolie suite aux ordres insensés du dictateur Nicolae Ceausescu qui désirait y faire passer une large avenue de plus de 3 km reliant la Place centrale et le gigantesque Palais du parlement.

Le Palais du parlement construit dans les années 80 est démesuré, 270 mètres de large par 240 de long, 12 étages qui s’élèvent à 86 mètres de hauteur. C’est le deuxième plus grand immeuble au monde après le Pentagone. À l’intérieur, rien de moins que 1100 pièces, les murs sont couverts de marbre et les plafonds sont richement ornés de fines boiseries et éclairés à l’aide de lustres de cristal somptueux. Les vastes salles que l’on visite sont pourtant toutes pratiquement vides puisque le palais n’a jamais été utilisé. Le scandale qui éclata après la divulgation des coûts faramineux de sa construction contribua à la chute du régime et, ultimement, à l’exécution par fusillade du dictateur qui n’y mit jamais les pieds. Se promener le long des corridors à peine éclairés et entendre le bruit de nos pas résonner dans l’immensité du palais désert est une expérience surréaliste.

Après la révolution, le temps était venu de célébrer. L’esprit festif de Bucarest est maintenant joyeusement déchaîné. On peut comprendre les gens de vouloir s’amuser après toutes ces années à s’être tenus tranquilles. Les terrasses et les clubs sont pleins à craquer tous les soirs de la semaine et la fête déborde dans les rues jusqu’au petit matin. Le coût de la vie relativement bas, le night life complètement fou et les jolies Roumaines attirent une clientèle de jeunes Européens venus s’éclater. De bons soupers, quelques bières et deux trois pas de danse nous font passer de très belles soirées dans la capitale. Dire qu’il y a moins de 15 jours on se trouvait sur la frontière de l’Afghanistan. Les semaines se suivent mais ne se ressemblent pas. Une évidence demeure, cependant, on adore autant voyager !

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