Sibiu, Deva et le château des Corvins. Roumanie 4

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Il n’y a pas de train pour Sibiu aujourd’hui, il a été annulé à la dernière minute. Quant au bus, il vient tout juste de partir sous notre nez. Le prochain est dans quatre heures. On patiente longuement sur un banc de bois à regarder le vide et à boire beaucoup trop de café. Il arrive finalement, cinq heures plus tard. On a à peine le temps de s’informer auprès du chauffeur pour être certain que c’est le bon autobus et de ramasser nos bagages qu’il n’y a plus aucune place de libre pour nous. Un peu, beaucoup, même extrêmement frustrés, à bout de nerfs et sur-caféiné après autant d’attente, on se rue maintenant frénétiquement sur chaque nouveau bus qui rentre en gare, au diable la courtoisie. Ça fait plus de 6 heures que l’on poirote pour un simple trajet de cent kilomètres! On doit jouer du coude pour avoir les derniers sièges à bord d’un minibus rempli à craquer. Il doit y faire plus de 45 degrés, c’est atroce. On essaie d’ouvrir une des fenêtres, mais elles sont toutes scellées et la clim ne fonctionne pas. Mystérieusement, on est les seuls que ça semble importuner.

La ville de Sibiu est protégée par de hautes fortifications. La grandiose cathédrale évangélique, les galeries d’art centenaires et les superbes bâtisses aux devantures richement ornementées de la place centrale donnent une certaine élégance aristocratique à la ville. Une scène vient tout juste d’être installée entre un ancien palais baroque transformé en musée et l’impressionnant édifice de la banque agricole. On s’attend à un concert de musique classique ou à un récital d’opéra, on s’approche un peu. La foule arrive au même moment, t-shirt noir, jeans serrés, cheveux longs. Le premier riff de guitare raisonne agressivement sur les murs de la Piata Mare, le batteur se met aussitôt à mitrailler une rythmique déchainée et le chanteur au look morbide lâche un grognement guttural tout droit sorti d’un film d’horreur. Devil sign, head banging et énorme mosh pit, on se retrouve en plein centre du plus gros festival métal de Roumanie. Ça surprend!

sibiu roumanie

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Le surlendemain, trouver un transport vers Deva s’avère beaucoup plus simple que pour Sibiu, mais c’est toujours le même problème avec les fenêtres et la clim du bus. C’est comme voyager à l’intérieur d’un four, on est trempés de sueur, c’est terrible, et on ne comprend pas pourquoi personne ne se plaint à part nous.

Encore une fois, un grand lettrage hollywoodien nous indique que nous sommes bel et bien arrivés à notre destination, Deva. Une citadelle du treizième siècle, un vieux palais et quelques jolies églises se visitent rapidement avant un arrêt bien mérité sur la petite place centrale pour y siroter un espresso. On aime bien l’ambiance, mais la raison principale de notre excursion dans la région se situe plutôt à quelques kilomètres plus au sud dans la ville industrielle de Hunedoara.

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Caché en plein milieu des blocs à logements communistes et des usines sales de la même époque se trouve notre coup de cœur de la Roumanie, le château des Corvins. De hautes tours de guet, un pont-levis à chaînes, une cour centrale où devait se tenir le marché autrefois, des escaliers en colimaçon éclairés à l’aide de torches, une petite chapelle et une salle des chevaliers drapée de vieux étendards, tout ce que l’on s’imagine d’une forteresse médiévale y est magnifiquement condensé avec une vue grandiose en prime. On est sous le charme, on y passe des heures à rêvasser.

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Pour notre retour vers Bucarest, on opte pour le train, pas question de mourir d’un coup de chaleur dans un autre bus. Les ventilateurs ne semblent pas fonctionner, on ouvre donc l’une des fenêtres. Un des passagers parait offusqué par notre idée, il nous lance un regard réprobateur et la referme aussitôt. Il débarque à la station suivante. Soulagés, on l’ouvre de nouveau, laissant rentrer une brise rafraichissante dans le wagon. Une grand-mère, prise de panique et les yeux tout écartillés nous pointe d’un doigt accusateur et nous engueule comme du poisson pourri. Son voisin rabat rapidement la fenêtre et s’excuse de notre part. Il nous explique qu’une croyance populaire veut qu’un simple courant d’air soit souvent la source de graves maladies mortelles et qu’il faut à tout prix les éviter. On va endurer la chaleur jusqu’à la capitale, on ne voudrait surtout pas attraper quelque chose de grave.

Notre courte escapade européenne prend fin, on s’envole vers Istanbul puis pour Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan. Notre découverte de la route de la soie commencée en Chine puis en Asie centrale se poursuit de l’autre côté de la mer Capsienne.

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