Volcans de boues et pétroglyphes de Qobustan

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Bakou nous fascine, mais après quelques jours à s’imprégner de l’ambiance et à découvrir son histoire à travers les différents musées, on a pas mal fait le tour des attractions de la capitale. On a pourtant envie d’y passer encore un peu plus de temps, la ville a vraiment quelque chose d’irrésistible. Le fait d’y être pratiquement les seuls touristes y est certainement pour quelque chose, surtout après notre exploration récente de coins du monde beaucoup plus visités. On a beau faire des recherches sur internet et fouiller dans notre guide de voyage, les attraits de la région ne sont pas nombreux. On parcourt le surprenant musée du livre miniature et le lendemain on part en escapade vers les volcans de boue et les pétroglyphes de la banlieue de Bakou.

Selon les infos dénichées sur le web, un tour organisé pour deux coûte la modique somme de 300 dollars américains, ce qui est totalement hors de notre budget. Il est déconseillé de s’y rendre directement en taxi à partir de Bakou car le site est difficile à trouver pour les chauffeurs qui n’habitent pas le secteur. On décide donc d’expérimenter les transports en commun locaux. Un bus nous mène du centre-ville à la station principale, où on prend place dans un deuxième qui devrait nous conduire dans la ville de Qobustan. Il ne reste plus qu’à attendre qu’il se remplisse.

On patiente depuis une quinzaine de minutes lorsqu’un homme nous approche discrètement sans se faire voir du conducteur de l’autobus pour nous proposer ses services de taxi. Ses tarifs s’avèrent beaucoup trop élevés. Un des curieux qui nous observaient de l’extérieur et qui a entendu notre conversation vient lui aussi nous offrir ses services, il habite tout près. La guerre des prix commence. Pas besoin de négocier. Ils débattent entre eux jusqu’à ce qu’on obtienne un rabais impossible à refuser.

En route, Tural, notre chauffeur, nous propose de faire un détour dans son village pour faire la connaissance de sa famille à la suite de notre visite des pétroglyphes. Ça nous fait vraiment plaisir, on va pouvoir rencontrer des Azerbaïdjanais qui vivent loin du côté fortuné et glamour de Bakou.

Au milieu du désert, le musée moderne de Qobustan nous en apprend beaucoup sur l’art paléolithique découvert sur des parois rocheuses tout près et sur l’étrange phénomène géologique qui produit les volcans de boue que l’on a vraiment hâte d’observer.

On remonte dans la voiture et Tural nous informe que pour se rendre jusqu’aux œuvres d’art rupestre incluses avec l’entrée du musée qui se trouve 2 km plus loin, il faut lui payer un extra. Il nous précise que notre entente était pour le trajet jusqu’au musée et non pour les grottes. Belle arnaque. On a bien fait de ne pas le payer d’avance. On argumente un long moment, on s’entend sur un nouveau prix, puis on repart un peu frustrés.

Les milliers de dessins gravés dans la pierre sont fascinants quand on pense qu’ils ont été tracés par des gens qui vivaient là il y a plus de 40 000 ans!

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Les gardiens du site nous invitent à prendre le thé avec eux et nous montrent comment le boire de la bonne manière, un carré de sucre entre les dents.

Une fois dans la voiture, ça recommence, Tural nous dit qu’on a oublié de payer le thé. Il veut qu’on lui donne 10 dollars pour qu’il puisse aller régler la note pour nous. Ça fait cher la tasse! On retourne voir les gardiens et ils nous confirment que c’est gratuit, que ça fait partie de leur culture et qu’ils sont heureux de nous avoir rencontrés.

Notre chauffeur rit jaune, mais il a tout de même le culot de nous redemander de faire un tour dans son village avant d’aller visiter les volcans. Pas question d’aller voir ta famille. L’honnêteté c’est important pour nous et on n’a plus confiance en toi. Il est tellement déçu, il semble sur le point de pleurer. Ses deux sœurs, sa mère et ses nièces nous attendent depuis des heures. Il nous supplie d’y aller et il s’excuse. On se sent presque mal et on décide de lui donner une dernière chance.

On s’installe dans le salon avec tout la famille et on discute, c’est agréable. Les enfants sont intrigués et semblent fiers de leur oncle. La mère, qui ne parle pas un mot d’anglais, essaie tout de même de nous poser un tas de questions, ce qui fait bien rire tout le monde. On passe un bon moment. Tural insiste pour qu’on mange avec eux, mais on refuse poliment plusieurs fois, quitte à le vexer. On n’a plus confiance en lui et on le voit venir de loin avec une facture salée surprise! C’est malheureusement une escroquerie fréquente dans ce coin du monde. Dommage.

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On quitte le village par une route de terre cahoteuse qui nous mène vers des puits de pétrole au loin. On s’arrête devant une traverse ferroviaire. Un garde à moitié endormi nous fait bonjour d’un signe de la tête. Il s’apprête à actionner la barrière pour nous laisser passer quand Tural se précipite à sa rencontre et lui donne une poignée de main louche qui semble le surprendre. De retour dans la voiture, notre guide nous explique qu’il a dû lui refiler incognito un pot-de-vin de 25 dollars pour qu’on puisse accéder aux volcans. C’est franchement un très mauvais comédien. Ce n’est pas donner à tous les chauffeurs de taxi d’être doués dans l’art international d’escroquer les touristes! Pas question de rembourser son argent imaginaire.

Les volcans sont beaucoup plus petits que ce à quoi on s’attendait. Il y en a des dizaines à perte de vue. Une boue grisâtre bouillonne au centre d’où s’échappent de longues coulées qui sèchent au soleil. C’est un paysage aride complètement bizarre. Ça n’a rien de joli, mais c’est intrigant et l’ambiance apocalyptique vaut amplement le détour.

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Tural nous laisse au bord de l’autoroute devant un abribus. Il nous demande son argent. On lui remet la somme entendue. Il insiste pour se faire rembourser le pot-de-vin et exige un pourboire, mais on reste ferme et il nous quitte bredouille en faisant semblant d’être frustré. On est soulagés de ne plus avoir besoin de lui et de s’en être débarrassé. Pour finir, une veille BM s’arrête et son chauffeur offre de nous ramener gratuitement en ville.

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